Deux ou trois personnes pour gérer cinq mille commentaires par jour, c’est peu, très peu… Avec des effectifs aussi réduits, il est possible d’éviter les « dérapages », mais impossible d’animer une discussion (Degand & Simonson, 2011). Conséquence : ces dernières années, les fils de discussion de la presse belge ressemblaient davantage à des « réceptacles à doléance » qu’à des espaces de débat. Ils sont aujourd’hui remplacés (en pratiques) par les threads des médias sociaux (Facebook et Twitter), et seront prochainement abandonnés…

Les médias sociaux sont aujourd’hui incontournables dans les rédactions : non seulement (en amont) au niveau de la sélection des sources, mais aussi (en aval) au niveau de la diffusion, du partage, de l’interprétation et de la mise en débat des contenus journalistiques (Singer et al., 2011). Quelles seront les conséquences de cette forte dépendance à l’égard des médias sociaux ? Je sais pas. Des idées ?

Une chose est sûre : les sites de presse continueront d’organiser des événements participatifs sur leurs pages web (les CoverItLive!, les 11.02 etc). C’est-à-dire qu’ils n’abandonnent pas leurs rôles d’ « animateurs de débat », de « rassembleurs » et de « médiateurs »… mais essayent simplement de l’exercer à moindre frais. Abandonner l’animation de débat, reviendrait à la fois à se priver de l’opportunité unique de produire des informations web originales, et de l’opportunité de renforcer la confiance des internautes.

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