J’ai longuement parlé de N. Luhmann avec un de mes collègues de la CITA aujourd’hui. Sans être ni spécialiste, ni inconditionnel de son oeuvre, je trouve qu’on peut lui reconnaître des qualités certaines… A vous de juger. Alors voilà : pour Luhmann la société est un système qui reproduit de la communication. Cette communication, il la reproduit d’une façon analogue à celle qu’ont les systèmes vivants de reproduire de la vie, ou à celle qu’ont les systèmes psychiques de reproduire la conscience… De cela, il ressort que les individus – les systèmes psychiques – ne constituent pas les éléments, ou les membres, du système social, mais en sont en réalité l’environnement.

Ce système social est un système clos qui a lui-même connu un processus de différenciation en sous-systèmes fonctionnels. Le fonctionnement de chacun de ses ensembles dépend, également, d’un code qui lui est propre… et qui rend impossible toute communication d’un sous-système avec un autre. Les liens qu’entretiennent les sous-systèmes se limitent à des rapports d’observation et d’adaptation ; ce qui implique l’impossibilité de formuler le moindre problème à l’échelle de la société dans son entier…

Le système produit lui-même ses éléments (autopoïèse) et définit ses rapports à son environnement en fonction d’un code propre. Le code du politique est – par exemple – étranger au code éthique, au juste et à l’injuste. Cependant, cela ne signifie pas que la morale soit absolument étrangère au monde politique –  elle le concerne dans la mesure où les médias peuvent sanctionner la conduite des politiciens au moyen de scandales…

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