Analyser la couverture médiatique de l’affaire d’East Anglia sous un regard sociologique… L’entreprise est un peu risquée. On pourra me reprocher (1) de ne pas avoir de connaissances techniques en climatologie; (2) de donner l’illusion qu’une polémique s’est à nouveau ouverte sur la réalité du réchauffement anthropique, alors que les preuves sont légions; (3) de chercher à rendre compte de querelles entre deux camps, après avoir déjà pris parti en faveur de l’un et en défaveur de l’autre (en tant que membre du SPPDD); (4) de m’hasarder dans le secteur de la « sociologie des sciences« , alors que la thèse sur laquelle je suis en train de travailler est un thèse de sociologie des médias…

Je crois toutefois avoir quelque chose de pertinent à dire sur le sujet. Car, la polémique soulevée par quelques internautes, à deux semaines du sommet de Copenhague, cristallise, mieux que tout autre évènement, les dynamiques qui sont aujourd’hui à l’oeuvre entre médias participatifs et presse institutionnelle. Et c’est le rôle du chercheur en sciences humaines que de s’efforcer – dans les limites de ses possibilités – de les décrypter et  d’en rendre compte le plus clairement possible.

Dans le prolongement des travaux de sociologie des sciences, qui rendent compte du processus d’élaboration des savoirs scientifiques (B. LATOUR, & S. WOOLGAR, S., 1986), y compris des concours de crédibilité et des batailles de clan qui ont cours dans les milieux scientifiques (T. F. GIERY, 1999), le sociologue des médias peut décrire la façon dont le savoir scientifique est rapporté à une plus large audience (cf. BOYKOFF & BOYKOFF, 2004), politique et/ou médiatique, et les biais éventuels que comporte ce processus de simplification, de vulgarisation, de conscientisation, …

Après seulement trois jour de travail, je ne saurai pas vous en dire beaucoup plus… A suivre

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