décembre 2009


Analyser la couverture médiatique de l’affaire d’East Anglia sous un regard sociologique… L’entreprise est un peu risquée. On pourra me reprocher (1) de ne pas avoir de connaissances techniques en climatologie; (2) de donner l’illusion qu’une polémique s’est à nouveau ouverte sur la réalité du réchauffement anthropique, alors que les preuves sont légions; (3) de chercher à rendre compte de querelles entre deux camps, après avoir déjà pris parti en faveur de l’un et en défaveur de l’autre (en tant que membre du SPPDD); (4) de m’hasarder dans le secteur de la « sociologie des sciences« , alors que la thèse sur laquelle je suis en train de travailler est un thèse de sociologie des médias…

Je crois toutefois avoir quelque chose de pertinent à dire sur le sujet. Car, la polémique soulevée par quelques internautes, à deux semaines du sommet de Copenhague, cristallise, mieux que tout autre évènement, les dynamiques qui sont aujourd’hui à l’oeuvre entre médias participatifs et presse institutionnelle. Et c’est le rôle du chercheur en sciences humaines que de s’efforcer – dans les limites de ses possibilités – de les décrypter et  d’en rendre compte le plus clairement possible.

Dans le prolongement des travaux de sociologie des sciences, qui rendent compte du processus d’élaboration des savoirs scientifiques (B. LATOUR, & S. WOOLGAR, S., 1986), y compris des concours de crédibilité et des batailles de clan qui ont cours dans les milieux scientifiques (T. F. GIERY, 1999), le sociologue des médias peut décrire la façon dont le savoir scientifique est rapporté à une plus large audience (cf. BOYKOFF & BOYKOFF, 2004), politique et/ou médiatique, et les biais éventuels que comporte ce processus de simplification, de vulgarisation, de conscientisation, …

Après seulement trois jour de travail, je ne saurai pas vous en dire beaucoup plus… A suivre

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J’ai rencontré hier mon 42ème (et presque dernier) répondant: André Gilain (http://andregilain.dhblogs.be/), journaliste à la DH et Paris Match. Je l’ai interrogé, premièrement sur les raisons qui l’ont poussé a commencer son blog, deuxièmement sur les sujets qu’il traite et la façon dont il les traite, et enfin, troisièmement, sur les commentaires postés en réaction à ses billets. En résumé : (1) il utilise son blog comme un simple outil de diffusion, lui permettant notamment d’élargir et de diversifier son lectorat. Les billets qui y sont postés sont généralement des articles déjà publiés sur papier. (2) Il a parlé assez longuement du ton et de la méthode d’écriture qu’il emploie : un mélange d’ironie, de détachement par rapport à soi et d’attachement au faits. (3) Il a enfin parlé de l’expression des opinions personnelles, et de l’usage du « je » en journalisme, en mettant en doute l’utilité de ces pratiques, qui témoignent, selon lui, de la « frustration qu’ont certains journalistes de ne pas être acteurs du jeu politique ». On en revient à ces fameuses questions qui taraudent certains journalistes : Comment informer l’opinion sans chercher à la former ? Comment séparer le journalisme de l’engagement et de l’action politique ? Y parvient-on jamais ? etc.

Interview de Jean d’Arcy, ancien directeur de programme de la télévision publique française  (Radiodiffusion Télévision Française, RTF), dans une interview de 1969.

Radiodiffusion-télévision française

Comme promis, je vous donne un bref aperçu de ma conversation de lundi soir avec Frans van Emeren (Uni. Amsterdam). Il a notamment parlé de l’intérêt qu’il y avait – pour les sciences humaines – à concilier l’étude de l’argumentation et l’étude empirique du langage. Il s’agit – par exemple – d’identifier les moyens logiques et rhétoriques par lesquels les membres d’une famille, d’une assemblée législative, d’un cercle scientifique, ou d’une rédaction, parviennent (ou échouent) à résoudre les désaccords et les controverses qui les divisent. En gros, c’est ça qu’on appelle la « pragma-dialectique« …

Cette discipline trouve des terrains d’application intéressants dans le monde de l’information en ligne (cf. Martin Lewinski, Uni. Amsterdam). Sur Internet, les internautes disposent – en effet – de la possibilité de rechercher les principes qui justifient le fait qu’une théorie soit tenue pour vraie ou pour fausse (c’est-à-dire qu’ils ont le pouvoir de rechercher ce qui fonde nos jugements d’autorité). Il disposent ensuite de la possibilité de justifier publiquement les points de vue qu’ils finissent, eux-mêmes, par tenir pour crédibles. Cela, ils peuvent le faire par des moyens dialiectiques, en suggérant un point d’accord raisonnable entre différentes parties, mais aussi par des moyens  rhétoriques, en usant de leur pouvoir d’influence (strategic maneuvering).

Sur le web, le résultat de tout ça c’est une multiplication de communautarismes, de tribus et d’idéologies, sans doute, mais aussi un développement de la capacité que nous avons de nous entendre sur certains points (quelles que soient les différences culturelles qui, par ailleurs, nous séparent). Voici ce que van Eemeren dit à ce sujet :

 » The whole situation has changed drastically, and that means that people are confronted with all kinds of cultural differences, and I must say, it is amazing how well they adjust to each other. You are amazed that it leads to all kinds of conflicts, but it is also amazing – also when you see the internet – that people from very different kinds of cultures, communicate. Often they understand each other quite well, and they teach each other, and things like that, and they joke. In a sense I think things have opened up. There is much more possibilities for communication, but as soon as you have that, there is also much more possibilities for confrontation, and confrontation always is the beginning of argumentation; because if you have a confrontation, that means that there is a difference of opinion that needs to be resolved ».

Je me suis réveillé ce matin en me disant que je n’étais pas satisfait de la façon dont j’avais classé mes répondants, et cartographié le petit monde du J-blogging en Belgique francophone. Après quelques hésitations, je suis parvenu à ceci (cf. infra). Je ne suis pas certain que le résultat soit excellent; ça me semble en tout cas un peu plus clair qu’auparavant. Si vous avez des suggestions ou si vous avez repéré une erreur de classification, n’hésitez pas à me le faire savoir

>> Classification

Vu que la fréquentation du blog tourne (dans les bons jours) autour de 1 ou 2 visiteurs uniques (merci à vous deux, au fait), je ne m’attends pas vraiment à ce que ce ‘polldaddy’ déclenche un raz-de-marée populaire. Mais je serais quand même heureux d’avoir votre avis sur le nouveau titre de « Journalism, Blogging and Society« …

Je viens d’interviewer Frans Van Eemeren. Ce chercheur de l’université d’Amsterdam a développé un modèle d’étude de l’argumentation plutôt original : il combine une approche descriptive – inspirée de la pragmatique, de la théorie des actes de langage et des méthodes d’analyse de discours – et une approche normative, inspirée du rationalisme critique de Karl Popper et de la dialectique formelle. Quel rapport avec le journalisme et le blogging, me direz-vous? Aucun, sinon que certains spécialistes de la discussion en ligne, comme Mathieu Chaput et Milton N. Campos (Uni. Montréal) – se servent aujourd’hui de ce modèle pour analyser les forums et les blogs… Voici un très bref résumé des règles de discussion de Van Eemeren. Je vous en dirai un peu plus après retranscription de l’interview…

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